Immédiatement après l'annonce de ce rejet, François Fillon a décidé de convoquer une commission mixte paritaire (CMP) pour relancer au plus vite l'examen du projet de loi. Cette procédure prévoit que sept députés et sept sénateurs se réunissent pour proposer une nouvelle version du texte, qui sera ensuite soumise, dans l'urgence, à l'approbation des deux Chambres.
La CMP, régie par l'article 45 de la Constitution, peut être réunie à l'initiative du premier ministre en cas de désaccord persistant entre les Assemblées sur un projet ou une proposition de loi.
Le projet sur les OGM, très contesté, a suscité mardi une très forte mobilisation en séance de la gauche, alors que les députés de droite se montraient moins assidus, voire, comme dans le cas du député UMP François Grosdidier, franchement opposés au texte.
Le dernier texte en date rejeté par l'Assemblée via une motion de procédure est la loi sur le Pacs.
Les OGM n'inquiétaient pas vraiment les deux agriculteurs jusqu'à ce qu'une analyse de routine, effectuée par la Coopérative régionale d'agriculture biologique (Corab), révèle une contamination de leur maïs par dissémination de maïs transgénique dans l'environnement.
Cette affaire intervient en plein examen parlementaire de la loi sur les OGM. La députée socialiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho, l'a d'ailleurs évoquée à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer les dangers des plantes transgéniques et l'absence de garanties entourant la culture de celles-ci.
La région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal, s'est toujours montrée hostile à la culture des OGM en plein champ et soutient la plainte des deux agriculteurs. Ceux-ci ont demandé à l'Etat une indemnisation à la hauteur du préjudice qu'ils estiment avoir subi. En l'absence de réponse, ils envisagent de saisir la justice. La Corab et la région Poitou-Charentes ont annoncé leur intention de se porter partie civile.
Julien et Christian Veillat risquent de voir leur production de maïs alimentaire déclassée : avec cette contamination, plus question de bénéficier du label "bio". Et à l'heure actuelle, aucune compagnie d'assurances ne souhaite assurer le risque de contamination par les OGM. Les deux agriculteurs veulent que leur droit à l'indemnisation soit reconnu et souhaitent que leur affaire entraîne une prise de conscience du monde agricole sur les dangers représentés par la culture des OGM en plein champ. Pour les défendre, ils ont choisi une équipe d'avocats spécialisés : le cabinet Huglo-Lepage, de l'ancien ministre de l'environnement Corinne Lepage.
Serge Morin, vice-président (Verts) de la région Poitou-Charentes, a rappelé que Mme Royal souhaitait "que l'Etat revoie ses procédures, l'arrêt des cultures OGM en plein champ, que les agriculteurs victimes soient indemnisés et que soit prise en compte la suspicion risquant d'affecter certains produits, comme le beurre d'Echiré, reconnu mondialement, la parcelle concernée étant située sur le territoire de cette commune".
Voila enfin une bonne nouvelle pour nous tous et pour notre devenir et celui d'une agriculture non gérer par des groupes dont le seul objectif est de faire plus d'argent et de transformer les agriculteurs en sous traitant obliger de se fournir chaque saison chez eux pour acheter des graines.
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