Mardi 25 mars 2008

Bonjour, je tenais à vous faire partager cette article de KPM, je suis globalement d'accord avec lui bien que l'analyse vaudrait d'être faite pour l'UMP aussi. Je vous invite à retrouver cette article sur son blog : http://www.blog-kpm.fr/
(photo Congrès d'investiture
© philippe grangeaud / solfé communications )

Source KPM publication du 7 mars 2008.

   On entend beaucoup ces temps-ci un certain discours qui explique en faisant de grands gestes que le Mouvement démocrate n'a aucune cohérence, qu'il se marie au gré du vent, que la droite et la gauche ce n'est pas la même chose... Des mots tout ça. Des postures. On attend vainement d'entendre parler d'idées. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit : au-delà de mots creux, quel est le projet original porté par la "gauche", et que le MoDem ne saurait défendre ? En réalité, la gauche serait bien en peine de répondre à cette question. Car y répondre, ce serait dévoiler au grand jour les divisions immenses qui existent au sein de ce camp qu'on voudrait nous présenter comme homogène. Quoi de commun en effet entre Dominique Strauss-Kahn et Jean-Luc Mélanchon ? On cherche en vain. Et eux, ils sont pourtant du même parti ! Que serait-ce si on allait chercher un plus loin ce qui rassemble Michel Rocard et Oliver Besancenot ? Daniel Cohn-Bendit et Marie-George Buffet ? Jean-Pierre Chevènement et Yves Cochet ?

 
    Alors moi je veux bien qu'on me dise que la droite et la gauche ce n'est pas la même chose, mais il faudrait d'abord expliquer ce qu'on met derrière. Certains auront une lecture marxiste, ils parleront de lutte des classes, etc. Ce n'est effectivement pas notre analyse ; mais je crois que le PS ne s'y retrouvera pas non plus, c'est ballot ! D'autres diront que la gauche ce sont ceux qui prennent la défense des petits ; cette fois le PS est bien dedans (quoique), mais le MoDem aussi... et même le Front national. D'autres encore vont essayer de se raccrocher au clivage religieux du XIXe siècle - mais au moins la moitié de l'UMP est laïque ! 
 
    Ce que je crois, c'est que ce n'est pas le MoDem qui est à droite ici et à gauche là, mais bien la droite qui se fait démocrate ici, la gauche qui se fait démocrate là. Car lorsqu'on y regarde sérieusement, sans a priori idéologique, le MoDem, malgré les différences d'origine et de sensibilité de ses membres, est probablement l'un des partis les plus homogènes qui soient. Il y a probablement des divergences de tactique ou de pratique politique entre ancienne et nouvelle génération, ou entre ceux habitués à l'alliance à droite et ceux qui ont plutôt gouverné avec les socialistes, mais fondamentalement tous sont d'accord sur l'essentiel. Ils défendent tous un projet cohérent, réfléchi, emprunt d'humanisme et de respect, fondé sur la régulation sociale et écologique d'une économie libre. Quelles que soient leurs sensibilités, leurs affinités, leurs habitudes, tous les adhérents s'y reconnaissent.

    On ne peut pas en dire autant au Parti socialiste. Il est de notoriété publique que ce parti n'est d'accord sur rien. Ils ne sont pas évidemment pas d'accord entre eux sur les alliances (certains font liste commune avec le MoDem, d'autres accueillent Lutte ouvrière : en terme de grand écart ils n'ont pas tellement de leçons à donner). Mais pire, ils ne sont pas d'accord sur les idées ! Non seulement les nouveaux clivages (Europe, écologie, régionalisme...) passent exactement au milieu du Parti socialiste, mais même sur la thématique économique chère au clivage droite-gauche, on ne s'y retrouve pas. Certains veulent encore appliquer un avatar du programme commun de 1981 (qui a failli mener à la catastrophe et a obligé Pierre Mauroy à adopter en urgence un redoutable plan de rigueur), alors que d'autres préfèrent, tout comme les Démocrates, parier sur la responsabilité individuelle régulée. On rappellera que c'est bien Ségolène Royal, la candidate désignée par les militants (et qui jouit toujours d'une grande popularité au sein du PS) qui a dit qu'elle n'était pas d'accord avec le programme qu'elle était censée défendre !

    Le Parti socialiste est dans un état de survie permanent. Incapable de proposer une lecture commune de l'avenir, il maintient son magot électoral par un discours d'opposition permanente qui a son petit succès lorsque le gouvernement UMP est au creux de la vague, mais il est paralysé pour agir car ces scrutins sont construits sur une "parole d'élection" sans ancrage sociologique majoritaire réel. Et ce handicap demeurera tant qu'il n'aura pas clairement choisi son camp entre l'interventionnisme marxisant et la régulation social-démocrate.
 
    Qu'il clarifie donc sa position ! 
par KPM publié dans : actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à la page d'accueil

Présentation

Derniers Commentaires

Albums Photos

Images Aléatoires

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Décoration sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus