
Je Tenais à vous faire partager l'analyse de Jean François Le Besque qui m'a fait l'Honneur d'accepter que je reproduise sur ce blog son analyse.
Par Jean François Le Besque.
Le constat
La ville d’Hennebont bénéficie d’un patrimoine bâti, d’une richesse indéniable.
Mais, au fait, qu’est ce que le patrimoine ?
Le Petit Larousse nous indique une origine latine de "pater", le père, et précise que c’est l’ensemble des biens hérités des parents et par extension
l’héritage commun d’un groupe humain ou d’une collectivité.
Le patrimoine bâti est donc ce que l’on a hérité des générations précédentes et que nous devrons, nous aussi, transmettre aux générations
futures.
Il nous faut donc assurer un « futur au passé » du patrimoine bâti qui est aussi une valeur d’avenir, un atout et une richesse pour la communauté propriétaire.
Tout ce qui touche à la notion de patrimoine développe, dans une commune, un caractère collectif très important. Il a été, et continue d’être édifié, construit par tous. C’est une œuvre, ou mieux
un ouvrage collectif, qu’il faut à ce titre défendre, maintenir en bon état et transmettre ensemble.
Il doit être un
porteur de développement économique et social au sein de la cité.
Notre ville d’Hennebont possède un patrimoine bâti exceptionnel reconnu de tous. C’est une chance pour la ville et pour nous, ses habitants.
Ces constructions peuvent être répertoriées en deux grandes familles qu’elles soient propriété publique ou privée :
-les bâtiments classés monuments historiques ou inscrits sur l’inventaire supplémentaire et qui bénéficient de la part de l’Etat d’aides plus ou moins importantes, de contrôles, d’organisation
des travaux d’entretien et financières,
-les bâtiments de qualité, mais non classés (la grande majorité) sans aide de l’Etat.
Le patrimoine, c’est, pour une ville, comme les meubles ou les décorations dans un appartement. Cela peut être, aussi, comme les objets que nous ont
donnés nos parents, et que l’on veut redistribuer à nos enfants, ou nos petits –enfants.
Quand nous parlons de patrimoine bâti, il y a 2 paramètres importants, concernant les coûts, qui sont à prendre en compte dans la gestion de ce
patrimoine. Ce sont
- l’état technique. C’est-à-dire, le bon ou moins bon état, de la charpente, des murs, etc.
- la mise en valeur, du patrimoine. Par exemple, l’éclairage, les couleurs, l’utilisation, etc.
Le patrimoine peut relever, dans la gestion d’une ville de :
-l’économie
-la culture
-l’urbanisme
-l’environnement
-le tourisme
-la vie dans la cité
-l’éducation
A Hennebont, l’état de notre patrimoine est de plus en plus déplorable.
-les remparts s’effondrent
-des étais métalliques provisoires soutiennent depuis de longues
années les voute porte Broherec’h ou à l’ancienne poterie
-la tour Rospaden est ceinturée et soutenue par une charpente qui, elle aussi, commence à être
fatiguée
- les quais sur le
Blavet s’effondrent en plusieurs endroits
-ne parlons pas du pont de fer
-la basilique est dans un triste état. Les « Amis de la
basilique » nous ont d’ailleurs fait parvenir une longue liste de travaux très urgents à entreprendre
J’ai observé deux grandes tendances en matière de gestion du patrimoine :
- certains constatent les irréversibles outrages du temps ou de
l’activité humaine constituant, petit à petit, les ruines de demain,
- d’autres annoncent, et le prouvent, que « les murs résistent et restent debout grâce à l’action des hommes et des femmes qui les
font vivre ».
C’est dans cette 2ème catégorie que nous
nous plaçons.
L’Equipe en place depuis un grand nombre
d’années, se situe résolument dans la première catégorie, se contentant de « pleurnicher » en considérant le patrimoine comme une contrainte héritée du passé au profit de
laquelle elle essaie, en vain, d’obtenir quelques subventions hypothétiques qui n’arrivent que très très rarement.
Il est vrai que l’Etat distribue de moins en moins d’argent pour l’entretien du patrimoine bâti, qu’il soit ou non classé ou inscrit.
C’est d’ailleurs identique pour les autres formes de manifestations culturelles (musique, peinture, etc.)
Mais cette politique de
désengagement doit être une chance, pour nous, parce que cela nous oblige à mettre en place une dynamique locale de développement culturel, touristique et économique envers le
patrimoine.
Que proposons nous ?
Patrimoine public
Ce constat étant fait, vous pouvez me dire,
« comment allez-vous faire pour trouver de l’argent » ?
Car c’est bien cela qui manque, actuellement pour sauver notre patrimoine.
Il n’y a pas une solution, mais la conjonction de
plusieurs.
Tout ne se fera pas en une année. Nous avons pris un tel retard.
Il faudra, dans un premier temps, faire une évaluation technique,
historique et financière, dans le calme, sans travailler dans l’urgence et le coup par coup.
Pour ne pas abandonner les projets, comme il a été souvent fait par l’équipe en place, parce que le montant des travaux était énorme, il faudra décomposer les travaux en tranches logiques.
Il faudra rétablir des relations normales avec tous les interlocuteurs et partenaires intervenants, que sont : l’Architecte des Bâtiments de France, le Conseil Régional, le Conseil Général, la DRAC, etc.
Il faudra se prendre en main et surtout ne pas se poser en victime, ce qui
fait perdre rapidement toute crédibilité en face des partenaires et des administrations ci-dessus.
Il faudra établir des partenariats avec toutes les asso et les Fondations permettant de déclencher des actions de mécénat privé ou de
Société.
IL faudra organiser des réunions de prises de
décisions avec tous les partenaires.
Il faudra être moteur
Tout simplement, il faudra vouloir s’occuper du patrimoine
Prenons un exemple, parmi de nombreux autres, et faisons un peu de technique patrimoniale :
Regardons cette pauvre Eglise de St Caradec.
Suite à des fissures apparues dans la voute, elle est, aujourd’hui, fermée aux visites et, on peut le dire abandonnée.
Ceci tout simplement parce que l’Equipe municipale en place n’a pas réussi à dialoguer et à trouver une solution satisfaisante avec les différents intervenants que sont, les ABF, la DRAC ,
l’Architecte en chef des MH.
De plus, le devis a été rédigé en additionnant tous les travaux (charpente, couverture, maçonnerie, etc.), alors que techniquement, il est impossible de les réaliser en même temps. Son montant
total est donc énorme
Qu’a fait alors l’Equipe en place ? Elle a décidé de fermer l’Eglise à double tour et
d’attendre.
Attendre quoi ? Nous ne le savons
pas. Que notre Eglise devienne, peut-être, « les ruines de demain », comme je le disais plus avant.
Examinons, rapidement, le problème de notre Eglise
Elle a été construite, dans son aspect extérieur actuel, au début du XVIIIème siècle.
Dans la deuxième moitié du XIXème, il lui a été ajouté une voute en staff (plâtre). C’etait l’époque ou si l’église paroissiale n’était pas détruite pour en construire une plus grande, les
églises existantes subissent des transformations importantes.
Cette voute, au long des années, crée des poussées horizontales sur les hauts des murs, qui petit à petit s’écartent, d’où les fissures.
La solution la plus rapide, la plus sûre et la plus économique, est de placer des tirants transversaux.
Le rôle de la municipalité, maitre d’ouvrage, est de confronter tous les avis et de faire accepter, avec son maitre d’œuvre, la solution à retenir.
C'est ce que nous avons d’ailleurs déjà réglé, aujourd’hui, avec l’ABF, sans, pour autant, avoir le dossier en mains.
Patrimoine privé
Les maisons et les autres constructions du centre, appartenant à des propriétaires privés, participent, elles aussi, à la qualité de notre
ville.
Malheureusement, les propriétaires bénéficient de très peu d’aides.
De plus, à cause de la présence de bâtiments inscrits ou classés (Basilique, remparts), il existe de nombreuses contraintes, souvent presque insurmontables pour le propriétaire qui veut essayer
d’engager des travaux.
La création d’une ZPPAUP permettrait, aux propriétaires de s’affranchir de ces exigences.
ZPPAUP
(Zone de Protection Patrimoniale Architecturale Urbaine et Paysagère)
Est élaborée à l’initiative et sous la responsabilité de la Commune, après accord :
-de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites,
-de l’Architecte des Bâtiments de France
Est créée par un arrêté du Préfet de Région.
Elle permet, à la Commune d’identifier, à l’échelle de l’ensemble de son territoire, ce qui constitue son patrimoine et ses paysages : silhouette, monuments, ensembles bâtis, espaces publics,
petits édifices ruraux, vestiges archéologiques, sites et paysages, plantations et boisements, cheminement, etc.
La création d’une
ZPPAUP suspend la servitude des abord des monuments historiques (500mètres)
Elle est une servitude d’utilité publique qui s’impose au PLU, avec lequel elle doit être compatible.
Il faut, fréquemment, modifier profondément le PLU, d’où l’intérêt qu’il y aurait eu, de la
mettre en place avant l’instauration de celui-ci.
Nous l’avons souvent réclamée.
Elle permet, aussi, de définir un projet global de protection et de mise en valeur, par l’établissement d’un cahier des charges approuvé par la Commune et l’Etat, et qui servira de base à l’ABF
pour donner son avis.
Intérêt : si l’ABF change, si la Municipalité change ou si elle change son PLU, le cahier des charges reste.
La ZPPAUP permet aussi au propriétaire, même si son bâtiment n’est pas classé, d’obtenir des aides financières diverses, par exemple par la Fondation du Patrimoine, ou autres.
Voila, rapidement brossé, l’état du patrimoine bâti de notre Commune, et ce que nous nous proposons de mettre en place, sans pratiquement influer sur les finances de la
ville.
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