


Les Alpes possèdent leur or blanc, la neige. Et la Bretagne son or bleu, la mer. Pêche et commerce, tourisme et thalassothérapie, culture et plaisance, voile légère et croisière : les déclinaisons sont multiples. Les ports de plaisance bretons proposent 60.000 places... Il en faudrait 10.000 supplémentaires....
La plaisance est, en Bretagne, l’un des loisirs majeurs et aussi un atout essentiel dans le développement touristique régional. L’expansion de la plaisance s’est traduite par la création d’activités directes et indirectes et de métiers dérivés autour des ports.
Les ports bretons fonctionnent avec l’équivalent "temps plein" de 300 emplois directs. Mais si l’on prend en compte les chantiers de construction et de réparation, les commerces de matériel et d’accastillage, les motoristes, les électriciens et les électroniciens spécialisés dans le domaine maritime, les voiliers, les équipementiers, ce sont 5.000 professionnels qui gravitent autour de la plaisance. De plus, le port reste un lieu d’animation et un point de ralliement. Ce qui signifie qu’il faut y ajouter plusieurs milliers de commerçants et d’employés de commerce qui vivent aussi, en partie, de la plaisance.
Il est difficile de chiffrer le parc nautique breton. Il se situe, sans doute, dans une fourchette de 200. 000 à 300.000 unités en tout genre. Yachts, vedettes, cotres, croiseurs, bateaux traditionnels, dériveurs, pneumatiques, engins de plage, planches : il y en a pour tous les goûts. Certains chiffres, par contre, sont nettement plus précis, comme ceux des places offertes dans les ports et les sites de mouillages.
Les quelque 56.000 places répertoriées en Bretagne se répartissent en 19.000 places sur ponton, 14.000 places de port sur bouées, 19.000 places de mouillage organisées hors structure portuaire et 4.000 places individuelles.
Les chiffres départementaux sont même plus optimistes, puisqu’ils répertorient 60.000 places réparties comme suit : le Finistère commercialise 24.000 places, le Morbihan 17.500, les Côtes-d’Armor 13.000 et l’Ille-et-Vilaine 5.500.
Ces chiffres semblent confortables. En fait, ils sont déficitaires et le nombre des demandes non satisfaites dans les ports se chiffre à près de 10.000 inscriptions.
Jean-Michel Gaigné dirige le port de Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor) depuis 1999, un port qui commercialise 1.030 places et emploie l’équivalent temps plein de 9,5 salariés. Il vient de succéder à Mikaël Le Berre au secrétariat général de l’Association des ports de plaisance de Bretagne (APPB) : " Ce chiffre de 10.000 demandeurs est à manier avec précaution car certains s’inscrivent sur plusieurs ports. Mais, à l’opposé, il y a ceux qui, las d’attendre, ne s’inscrivent nulle part".
Pour combler ce déficit, il existe des pistes, d’autant que les créations de ports neufs risquent de devenir des exceptions. Les solutions passent par une exploitation ou une meilleure occupation des espaces portuaires existants. Les friches portuaires ne sont pas une légende... Et puis les modes évoluent. Les ports à sec se développeront sous des formes diverses ( lire ci-contre). Le turn-over portuaire augmentera grâce aux « pass » entre les ports : " En dix ans, le métier a déjà beaucoup évolué. Les analyses sont devenues de plus en plus fines ".
Demain, grâce à une meilleure gestion, une place de port suffira à accueillir un bateau et demi voire deux bateaux.
Aucun commentaire pour cet article
Derniers Commentaires